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Installation en libéral : les étapes incontournables

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De l'inscription à l'Ordre au premier bilan, voici les étapes clés pour réussir votre installation en tant que professionnel de santé libéral.

Avant de se lancer : définir son projet d'exercice

L'installation en libéral est une étape structurante dans la carrière d'un professionnel de santé. Avant d'entamer les démarches administratives, il est essentiel de définir les contours de votre projet : exercice individuel ou en groupe, création ou reprise d'un cabinet, choix de la zone géographique, mode d'exercice souhaité.

Le choix de la zone d'installation mérite une attention particulière. L'Agence Régionale de Santé (ARS) de votre région établit un zonage qui classe les territoires en fonction de la densité de l'offre de soins. Les zones identifiées comme « sous-dotées » ou « très sous-dotées » ouvrent droit à des aides financières à l'installation (contrats incitatifs, exonérations fiscales). Se renseigner auprès de l'ARS avant de finaliser son choix de localisation est une démarche que nous recommandons systématiquement.

Étape 1 : L'inscription à l'Ordre professionnel

Toute activité de santé libérale commence par l'inscription au tableau de l'Ordre compétent : Ordre des médecins, Ordre des chirurgiens-dentistes, Ordre des sages-femmes, Ordre des masseurs-kinésithérapeutes, Ordre des infirmiers, Ordre des pharmaciens ou Ordre des pédicures-podologues.

Cette inscription est obligatoire pour exercer. Vous devez vous adresser au Conseil départemental de l'Ordre de votre futur lieu d'exercice en fournissant votre diplôme, une pièce d'identité et les justificatifs demandés. L'inscription vous attribue un numéro RPPS (Répertoire Partagé des Professionnels de Santé), qui constitue votre identifiant unique auprès de l'ensemble des organismes.

Une cotisation ordinale annuelle est due dès l'inscription. Son montant varie selon la profession et le conseil départemental.

Étape 2 : L'enregistrement auprès de la CPAM

Une fois votre inscription à l'Ordre effective, vous devez prendre contact avec la Caisse Primaire d'Assurance Maladie (CPAM) de votre lieu d'exercice. Cette démarche peut désormais être initiée en ligne pour certaines professions (notamment les médecins et les infirmiers).

La CPAM procède à votre enregistrement dans le Fichier National des Professionnels de Santé (FNPS), vous présente la convention nationale de votre profession et vous propose d'adhérer au conventionnement. L'adhésion à la convention détermine les tarifs de vos actes et les conditions de remboursement de vos patients par l'Assurance Maladie.

La CPAM vous oriente également pour votre affiliation au régime des Praticiens et Auxiliaires Médicaux Conventionnés (PAMC) et pour l'obtention de votre carte de professionnel de santé (CPS), indispensable pour la télétransmission des feuilles de soins.

Étape 3 : La déclaration d'activité et l'immatriculation

Depuis le 1er janvier 2023, la déclaration de création d'activité s'effectue sur le guichet unique électronique accessible à l'adresse formalites.entreprises.gouv.fr. Ce guichet centralise les formalités et transmet automatiquement votre dossier aux organismes concernés : INSEE (attribution du numéro SIRET), URSSAF, centre des finances publiques et caisse de retraite.

La déclaration doit être effectuée dans les 8 jours suivant le début de votre activité. Vous devrez notamment indiquer la nature de votre activité, la date de début d'exercice, l'adresse du cabinet et le régime fiscal choisi.

Étape 4 : L'affiliation aux organismes sociaux

En tant que professionnel de santé libéral conventionné, vous relevez d'un régime social spécifique. Vos cotisations sociales sont réparties entre plusieurs organismes.

L'URSSAF collecte les cotisations d'allocations familiales, la CSG-CRDS, la contribution à la formation professionnelle (CFP) et la contribution aux unions régionales des professionnels de santé (CURPS). Le taux des cotisations maladie varie selon la profession et le secteur de conventionnement.

Une caisse de retraite autonome gère vos cotisations vieillesse et prévoyance. La caisse compétente dépend de votre profession : CARMF pour les médecins, CARCDSF pour les chirurgiens-dentistes et les sages-femmes, CARPIMKO pour les infirmiers, masseurs-kinésithérapeutes, pédicures-podologues, orthophonistes et orthoptistes, CAVP pour les pharmaciens. L'affiliation doit être effectuée dans le mois suivant le début de votre activité.

En début d'activité, les cotisations sociales sont calculées sur une base forfaitaire provisoire, puis régularisées une fois le revenu réel connu. Il est important d'anticiper ces régularisations pour éviter les difficultés de trésorerie.

Étape 5 : Les assurances obligatoires et recommandées

Tout professionnel de santé exerçant à titre libéral doit souscrire une assurance de responsabilité civile professionnelle (RCP) couvrant l'ensemble des actes qu'il pratique. Le défaut d'assurance peut entraîner des sanctions pénales et disciplinaires.

Au-delà de cette obligation légale, nous recommandons la souscription d'un contrat de prévoyance couvrant les risques d'arrêt de travail, d'invalidité et de décès. Le régime obligatoire des professions libérales offre une protection de base qui peut s'avérer insuffisante, notamment en raison des délais de carence (90 jours pour les professions affiliées à la CARPIMKO, par exemple).

L'assurance volontaire contre les accidents du travail et les maladies professionnelles (AVAT), proposée par la CPAM, constitue une protection complémentaire facultative dont le coût est modéré et dont la cotisation est déductible du bénéfice professionnel.

Étape 6 : L'organisation comptable et fiscale

Dès le début de votre activité, vous devez mettre en place une organisation comptable adaptée à vos obligations fiscales.

Si vous relevez du régime de la déclaration contrôlée (déclaration 2035), vous devez tenir un livre-journal des recettes et des dépenses ainsi qu'un registre des immobilisations et des amortissements. Si vous optez pour la comptabilité d'engagement (obligatoire en société), les obligations comptables sont plus étendues.

L'adhésion à une Association de Gestion Agréée (AGA) reste recommandée. Si vos recettes sont inférieures à 77 700 € HT et que vous avez opté pour la déclaration contrôlée, cette adhésion vous ouvre droit à une réduction d'impôt pour frais de comptabilité et d'adhésion, égale aux deux tiers des dépenses engagées, dans la limite de 915 € par an.

L'ouverture d'un compte bancaire dédié à votre activité professionnelle est vivement recommandée pour faciliter le suivi des flux financiers et la justification des recettes et dépenses professionnelles, même si un compte courant classique peut juridiquement suffire.

Étape 7 : Le choix du statut juridique

Le choix du statut juridique conditionne votre régime fiscal, votre protection sociale et votre responsabilité. Plusieurs options s'offrent à vous.

L'entreprise individuelle est la forme la plus simple et la plus courante pour un début d'activité. Depuis la réforme de 2022, le patrimoine personnel de l'entrepreneur individuel est protégé par défaut. Le bénéfice est imposé à l'impôt sur le revenu dans la catégorie des BNC.

La SCM (Société Civile de Moyens) permet de partager des moyens matériels (locaux, secrétariat, équipements) entre plusieurs professionnels, sans mettre en commun l'exercice de l'activité ni les honoraires.

La SELARL ou la SELAS constitue une option à étudier lorsque le niveau de revenus le justifie ou lorsqu'un projet d'association est envisagé. Ces structures offrent une séparation renforcée des patrimoines et des leviers d'optimisation fiscale, mais impliquent un formalisme et un coût de fonctionnement supérieurs.

Le choix du statut ne doit pas être précipité. Nous recommandons de commencer en entreprise individuelle et d'évaluer l'opportunité d'un passage en société après un ou deux exercices, lorsque le niveau d'activité est stabilisé et que les besoins sont clairement identifiés.

Les premiers mois : ce qu'il ne faut pas négliger

Les premiers mois d'activité sont déterminants. Outre les soins, le praticien nouvellement installé doit veiller à constituer sa patientèle, maîtriser ses dépenses d'installation et anticiper ses échéances fiscales et sociales.

Nous recommandons d'établir un prévisionnel de trésorerie couvrant les 18 premiers mois d'activité, intégrant les investissements initiaux, les charges fixes et les appels de cotisations sociales provisionnels. Ce prévisionnel permet d'identifier les besoins de financement et de solliciter un emprunt bancaire en temps utile.

L'accompagnement par un expert-comptable connaissant les professions de santé dès les premières semaines d'activité constitue un investissement dont les retombées sont immédiates : sécurisation des obligations déclaratives, optimisation des choix fiscaux et gain de temps au quotidien.

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